Ce film est le reflet inversé de Tire Dié, le film qui a marqué le début de la réflexion documentaire sur l’Amérique latine. Si Tire Dié s’intéresse à ce qui se passe à l’extérieur du train, dans Reportaje a un vagón, la caméra choisit de regarder vers l’intérieur, vers les passagers. Goldenberg travaille une esthétique de l’enchaînement de plans-détails de courte durée qui se succèdent, cadrant des visages, des gestes de voyageurs et des regards-caméra. Dans le montage sonore il entrecroise des récits qui appartiennent à la fois à tous les voyageurs et à aucun d’entre eux : ce récit traite de la migration et du rêve d’une meilleure vie, dans un contexte de tension entre la campagne et la ville. F.R.